14 décembre 2020 : convention des jardins partagés de la Haie Griselle

Madame la 1ère adjointe, chers collègues,  je vous prie de bien vouloir m’excuser si certains éléments sont des redites. Mais il me semble important de redire les choses au nom de mon groupe. A la lecture de la délibération nous restons perplexes.

 

Perplexes sur le calendrier qui vous conduit à prendre la décision grave de résilier une convention qui a été reconduite à l’été 2019. Nous pouvons donc considérer que si la convention a été renouvelée, c’est que l’association gestionnaire vous apportait satisfaction.

L’association vous donnait satisfaction puisque la médiathèque a organisé le 29 aout 2019, une lecture dans le jardin partagé, en partenariat avec l’association. On est loin d’un travail non collaboratif comme le stipule la note.

L’association vous donnait satisfaction, toujours, puisqu’à l’automne 2019 le magazine municipal lui consacrait un article, ventant la réussite du Jardin partagé et indiquant que « plusieurs membres de l’association « les jardins de Boissy-Saint-Léger » sont actifs et les récoltes sont bonnes ». Vous n’aviez pas plus de problèmes avec le Président, qui était cité dans l’article.

L’association continuait à vous apporter satisfaction au cours de l’année 2020 puisqu’une subvention de 500 euros leur a été accordée au titre de cette même année. On l’a dit tout à l’heure, remplir le dossier est complexe et malgré les difficultés organisationnelles que vous décrivez, l’association a quand même réussi à monter un dossier.

On comprend donc mal ce qui conduit aujourd’hui la majorité à faire voter en urgence la rupture de la convention, puisque cette délibération n’a pas été proposée à la commission AGF qui s’est tenue le 30 novembre dernier.

Esquisse de réponse dans le 4e paragraphe qui évoque la présence régulière d’une personne vulnérable dans le jardin et l’absence d’actions de l’association. Dont acte. Face aux manques de détails de la note, comment juger ?

Votre note parle de « gênes et troubles à l’ordre public ». J’ouvre une parenthèse, pour la refermer immédiatement mais ce qui provoque des gênes et des troubles à l’ordre public, c’est quand des individus balancent des pierres sur un immeuble de la Haie-Griselle, occasionnant une fenêtre cassée et que cela se produit à un mètre d’un enfant de 3 ans qui est tranquillement chez lui, en sécurité, en théorie. Ça s’est un trouble manifeste à l’ordre public. Je referme la parenthèse.

Sans transition, aucune, votre note nous amène donc au 7 octobre, date de l’assemblée générale. Puis à un rendez-vous qui a été monté en urgence le 9 octobre face je cite au « contexte délétère de fréquentation et de gestion du jardin dont l’assemblée générale a été la triste traduction ».  En quoi est-ce que le fait qu’une assemblée générale soit mouvementée concerne-t-il la mairie ? On se demande bien. Cette ingérence dans la vie d’une association est parfaitement inacceptable.

Paragraphe suivant, vous parlez de « violences verbales et comportementales », il doit donc exister des plaintes et des témoignages écrits sur ces faits. Pouvons-nous les voir ?

Vous parlez de la démission du trésorier. Cet élément ne vous regarde absolument pas, encore une fois. Sauf à considérer qu’un problème grave de gestion est à l’origine de cette démission. A ce moment-là, nous attendons les preuves et des éléments factuels.

Un peu plus loin, vous parlez de témoignages reçus d’adhérents, quels témoignages, pouvons-nous les voir là encore ? S’agissant d’accusation aussi graves, le conseil municipal ne peut pas se contenter de témoignages évoqués comme ça au détour d’une phrase. Ce n’est pas comme ça que fonctionne notre pays, fort heureusement. Lorsqu’on porte des accusations graves, comme c’est le cas aujourd’hui, on doit pouvoir le prouver. Quelles preuves présentez-vous aujourd’hui aux conseillers municipaux ? On ne peut pas se contenter des « on m’a dit que » qui ont été évoqués ce soir.

Vous parlez de désorganisation administrative. Dont acte, c’est peut-être vrai. Mais ne peut-on pas faire preuve d’un peu de bienveillance s’agissant de bénévoles ? Ne peut-on pas imaginer que les services accompagnent l’association vers une restructuration ? Ne pouvait-on pas orienter l’association vers le service départemental « Proj’aide » dont l’objet est justement d’accompagner le monde associatif. Ne peut-on pas considérer que dans les conditions sanitaires actuelles, les associations ont aussi le droit à l’erreur ?

Plutôt que d’attendre les associations au tournant, guettant leur moindre faute, il me semblerait plus intelligent de soutenir, d’encourager et de valoriser l’engagement associatif.

Dans votre programme municipal vous parliez de créer des ateliers municipaux pour aider à former les nouveaux responsables associatifs qui en ont besoin. C’était le moment. Vous parliez également de « contrat de partenariat entre la ville et les associations », c’était là encore le moment.

Convoquée le 9 octobre, destinataire d’une note le 13 octobre et limogée le 17 décembre ! Le tout en pleine période de crise sanitaire ! C’est pour le moins expéditif. Que contenait cette note d’ailleurs ? Quels objectifs étaient fixés ? Quelles demandes ont été adressées à l’association ? Comment redresser la barre ?

Vous parlez d’un climat délétère, de violences, de désorganisation… Je suppose que l’assemblée générale du 7 octobre a procédé au renouvellement des membres du bureau. Je suppose toujours qu’une équipe dissidente s’est présentée contre l’équipe actuellement en place pour porter un autre projet ? Ou que face à ces problèmes graves dont on nous parle, la majorité des adhérents a demandé la dissolution de l’association... Christian LARGER a déjà répondu que non ! Etrange fonctionnement démocratique, surtout quand une association est composée d’autant d’élus.

Je suppose que le jardin partagé ne restera pas inoccupé bien longtemps… que peut-être une association déclarée en préfecture le 15 septembre 2020 et dont l’équipe dirigeante est certainement plus en accord avec vous y prendra place… ! La nature a horreur du vide et le maire de Boissy également.

Personne n’est dupe. Votre ingérence répétée dans la vie associative de notre ville pose question. Quelle sera la prochaine association sur votre liste ?

En tant que voisine de ce jardin partagé, jamais il n’a été source de désagrément. Bien au contraire, c’est un plaisir chaque jour de passer devant. En tant qu’élue de la ville, la seule question qui m’intéresse est de savoir si ce jardin est entretenu de manière régulière. Et autant que me permettent de le dire mes connaissances dans le domaine, je pense que oui. Vous vous en réjouissiez il n’y a pas si longtemps… mais ça c’était avant !

Que des améliorations soient possibles, qu’on puisse encourager l’association à faire évoluer ses statuts et son fonctionnement, peut-être. On peut tous très certainement toujours faire mieux dans tout ce que l’on entreprend. Qu’on décide de virer une association sans lui laisser aucune chance de s’améliorer, c’est parfaitement inacceptable.

Je suis curieuse de savoir si vous appliquez la même rigueur à toutes les associations ? Juste un exemple, quand au détour d’un tournoi de foot qui a eu lieu cet été des individus passent la journée entière à tirer des mortiers depuis le stade municipal, engendrant des nuisances pour tout le quartier, quelles suites ont été données ?

Pour toutes ces raisons, nous voterons contre cette délibération et apportons notre soutien à l’association mise en cause sans que vos n’apportiez d’éléments concrets.

Laure THIBAULT

 

Image

Boissy-Saint-Léger

" Donnons aujourd’hui le meilleur de nous-mêmes pour être à la hauteur des enjeux de demain ! "